Vie Commune

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dimanche 13 juillet 2008

La blogueuse est en vacances

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Je vais dans un pays de rêve pour une femme de footballeur comme moi !

Bonnes vacances à tous, ce blog prend ses quartiers d'été, à bientôt...

samedi 12 juillet 2008

Permanence des secrets

J'ai ouvert ce blog pour pouvoir écrire mon histoire, empreinte de secrets lourds, étagés sur plusieurs générations.
C'est devenue le Café des Platanes, chroniques du passé de ma famille.
J'ai gardé en annexe cette catégorie : "Archives d'un ancien secret" parce que je n'en aurai jamais vraiment fini avec ce sujet.

Mes parents formaient un couple illégitime et ils ont fait le choix implicite de m'exclure de leur relation, si bien que je n'ai jamais connu mon père, alors même qu'il voyait ma mère tous les jours.

Quelques années après sa mort, elle a fini par me dire leur vérité : "On n'en parlait jamais. C'est comme si tu n'existais pas."

Ils vivaient dans un bourg de trois mille habitants.

A la mort de mon père, des gens de mon village se sont mis à faire état de mon père ou de sa famille dans des conversations qu'ils tenaient devant moi.

La fille de mon père a épousé un notable et s'est investie dans la vie publique, elle a une notoriété locale.
Il n'est donc pas anormal que les gens parlent d'elle, mais moi, je me demande toujours si c'est le hasard qui fait qu'elle arrive comme sujet de conversation ou si mon interlocuteur me lance ainsi une perche, attendant de voir quelle sera ma réaction.
Les gens sont un peu intrigués.
Enfin, il me semble. Ce genre de situation alimente facilement une tendance à la paranoïa.

La fille de mon père génère des avis tranchés, souvent hostiles.
Parfois, je me demande si les gens pensent me faire plaisir en me disant des choses désagréables sur elle, comme si c'était une façon de prendre parti pour moi.
Mais comme rien ne me prouve que mon interprétation est la bonne, je reste dans le flou.
Et je me garde de répondre.
Cela donne lieu à des conversations étranges. A la surface, tout semble calme, mais dans les profondeurs s'agitent des nuages de poussière.

L'autre jour, j'étais dans un bureau où étaient rangés des dossiers la concernant. Je m'en suis rendue compte en découvrant son nom après avoir penché légèrement la tête vers un petit meuble vitré. Ensuite, j'ai passé tout le reste du temps à fixer son nom écrit sur la tranche du dossier.

Paul, l'ami de jeunesse de mon père, vient de mourir.
Quelqu'un est venu me dire qu'elle lui avait demandé d'enregistrer des cassettes où il racontait leurs faits de résistance, pendant la guerre.
J'ai pensé que j'en aurais fait de même, à sa place.

Il ne fut pas croire que les secrets s'arrêtent, ils continuent à vivre, à travers les années.
Ils perdent leur densité, leur lourdeur, ils deviennent des particules brumeuses, une poussière qui donne envie d'éternuer.

vendredi 11 juillet 2008

J'ai vendu la maison

J'ai vendu la maison.
Je me sens très seule.
Comme tout s'est précipité et que j'ai appris seulement hier que l'acte serait signé aujourd'hui, je n'ai pas eu le temps de préparer une soirée "après vente" avec Ludivine, comme nous en avions l'intention.
Comme les acheteurs voulaient signer avant mon départ en vacances, j'ai accepté, sans me douter que j'allais être traversée par toutes ces émotions qui m'assaillent et auxquelles je ne sais pas bien faire face.

Après la vente (revoir le notaire et repenser à toutes ces choses non résolues auxquelles il est lié), nous sommes allés boire un verre, l'acheteur, sa compagne et l'agent immobilier et moi. Puis ensuite, je suis allée chercher les clés que maman avait cachées au fond d'un tiroir, je me suis rendue compte que, jusqu'alors, elle n'avait pas réalisé que nous devrions donner les clés, et ce geste lui coûtait.
Du coup, elle est devenue désagréable envers moi, je suppose que c'était sa façon de gérer la perte de la maison (bien qu'elle m'ait toujours répété qu'elle voulait s'en débarrasser, qu'elle ne lui causait que des tracas).

Je suis donc repartie un peu déstabilisée chez les nouveaux acquéreurs, et retrouver le jardin, les arbres, la cave et même la maison, même en ruines, m'a fait mal au coeur.
Pourtant, je ne pouvais pas rêver de meilleurs acheteurs : lui avait les yeux brillants de joie, ils sont adorables, et respectueux de ces lieux si biscornus : jamais un mot désagréable, ni une remarque négative. Ils voient les choses d'une façon positive et joyeuse.

A peine étais-je repartie de chez eux que je me suis sentie submergée d'émotions fortes et négatives.

En particulier, j'éprouve du ressentiment envers ma mère. Je ne m'attendais pas à lui en vouloir de son incapacité à agir, je lui reproche d'avoir laissé la maison tomber en ruines et de ne pas m'avoir épaulée sur le sujet, jamais, jusqu'à ignorer où elle a rangé les quelques derniers papiers dont j'aurais besoin.
J'en arrive à comprendre comment les gens se détestent après des successions, pour un vase ou une bague à trois sous.
Je suppose que je lui en veux parce que je m'en veux : je me sens vraiment triste, ce soir, et il me semble que l'acte de vendre la maison est le résultat de tout ce que je n'ai pas réussi dans ma vie.
Sans doute que dans quelques heures, je serai plus sereine.

(C'est un billet doudou, j'écris pour que vous me disiez que j'ai fait de mon mieux ou pour que vous vous lamentiez avec moi en me tendant un kleenex. D'ailleurs, rien que le fait de l'avoir écrit m'a fait du bien.)

Juillet 2008, aussi belliqueux que 2004 ?

En juillet 2004 se déroula dans la blogosphère[1] la bataille d'U-blog, qui opposait les utilisateurs de cette plate-forme à celui qui venait de la racheter, Loïc Le Meur. Il entendait faire évoluer une pratique conviviale et gratuite vers une utilisation marchande, au service du commerce et des entrepreneurs.

Quatre ans après, U-blog n'existe plus : les utilisateurs ont migré vers d'autres plateformes de blogs ou se sont installés chez eux, via Dotclear ou Wordpress, beaucoup ont cessé de bloguer, d'autres sont devenus célèbres, comme Maître Eolas.
Loïc Le Meur a poursuivi son ascension. Considéré comme le blogueur de plus célèbre de France dans les années 2006-2007, compagnon de campagne de Nicolas Sarkozy, il a finalement choisi de partir aux Etats-Unis créer une nouvelle société, basée sur l'échange de vidéos en ligne, Seesmic.

Entre temps, l'idée qu'on pouvait s'enrichir en ouvrant un blog a fait son chemin, pour le meilleur comme pour le pire : certains ont su utiliser l'outil pour faire connaître leur activité, d'autres se sont contentés d'ouvrir des usines à "buzz", répercutant ad nauseum les mêmes informations commerciales, reprenant les mêmes thèmes, ciblant les mêmes publics en utilisant les mêmes tics de langage. Dans le même temps, quelques blogueurs ont pensé arrondir leurs fins de mois en rédigeant des publi-rédactionnels déguisés en anecdotes à la première personne : "Pour les deux ans de ma garden-party, j'ai essayé la nouvelle brouette à pneus en fer forgé, trop bien, trop d'la balle, faites comme moi achetez-là!". Malgré les déclarations de gains faramineux, la plupart ont surtout semblé recueillir les lazzis de leurs pairs : "Tu peux te la mettre où je pense, ta brouette, Gontran".

En ce mois de Juillet 2008, une nouvelle bataille agite la blogosphère. Cette fois encore, elle est générée par l'arrivée de nouvelles pratiques. Alors que plusieurs journaux ayant pignon sur rue développent leur site en ligne, comme Le Figaro.fr, on voit émerger de nouveaux titres, d'orientation populaire, spécialisés dans le fait-divers, un peu à la manière des tabloïds anglais. Le Post. fr est le fleuron de cette presse en ligne. Elle laisse une part importante aux publications des lecteurs ou de chroniqueurs-pigistes, dont certains sont d'anciens blogueurs.
La presse historique suit cahin-caha cette évolution. Des journalistes reconnus, comme Jean-Michel Aphatie, de RTL, ou des animateurs populaires, comme Morandini, ouvrent des espaces personnels, qui, tout en ressemblant à des blogs, n'utilisent pas de liens et ne génèrent pas d'échanges avec les commentateurs.

En mettant les pieds en blogosphère, les journalistes semblent aborder des terres dont ils méconnaissent les usages : libres discussions, parfois vives et polémiques, échanges, rebonds, liens entre pairs.
La semaine dernière, un conflit éclate entre blogueurs et journalistes. Ils s'opposent sur l'appréciation d'une vidéo sortie clandestinement des studios de France 3, dans laquelle le Président de la République[2] Nicolas Sarkozy était filmé (à son insu?) avant d'être interrogé par la journaliste Audrey Pulvar.
Pour les uns, cette vidéo n'avait aucun intérêt et pour les autres, elle éclairait la personnalité du chef de l'Etat.

Très vite, l'objet même du débat s'est effacé des esprits et les intervenants s'en sont pris les uns aux autres. Les journalistes reprochant aux blogueurs de s'auto-proclamer compétents sur des sujets auxquels ils ne connaissaient rien, les blogueurs rétorquant que les journalistes, par leurs façons de faire, montraientt justement leur propre incompétence.

L'un des belligérants, Guy Birenbaum, journaliste du Post.fr, (par ailleurs ancien blogueur, ancien éditeur, ancien universitaire, et animateur radio) s'en est pris plus particulièrement à Versac, blogueur historique, très estimé de notre blogosphère, créateur de la République des Blogs, lançant des insinuations sur une pseudo collusion entre ses activités bloguesques et ses activités professionnelles. Pour Versac, qui, ces derniers temps, s'interrogeait sur son envie de continuer à bloguer, ce fut la mesquinerie de trop : il a décidé de fermer son blog.

Derrière ces querelles se joue une nouvelle étape de l'évolution de la blogosphère.

D'un côté des pratiques basées sur l'échange raisonné (fût-il, parfois musclé et polémique) entre gens de bonne compagnie, de l'autre des pratiques où la course à l'audience singe celle de la télévision (avec la multiplication de vidéos de peu d'intérêt).
On pourra me rétorquer que ma vision est bien élitiste.
Je crois qu'elle ne l'est pas.
Au contraire : les gens de bonne compagnie ne sont pas forcément issus des réseaux traditionnels (grandes écoles, fils de bonne famille, célébrités vus à la télé). Ils sortent du lot par leur propre originalité, leur créativité, ou par les ouvertures qu'ils offrent, les domaines qu'ils balisent pour le néophyte.

Mieux encore : chacun choisit sa blogosphère, ses gens de bonne compagnie. Cent fils de rss forment ma blogosphère, je me moque que les gens que je lis soient ou non influents, je leur demande de m'amuser, de m'émouvoir, de m'inquiéter, de me faire réfléchir, de m'ouvrir des horizons, de m'aider à douter de mes certitudes.
Nous sommes libres de nous lire et de nous quitter, d'ouvrir et de fermer nos espaces d'écriture. Nous ne vivons pas de nos blogs, nous nous en offrons librement la jouissance.

C'est la constante de ma blogosphère, depuis 2004, c'est pour cela que je ne suis pas inquiète, malgré cette nouvelle bataille estivale.

(PS : Je suis à la campagne, donc peu réactive en ce qui concerne la gestion des commentaires)

Notes

[1] de nombreuses personnes pensent, à justte titre, que la blogosphère n'existe pas, aussi on admettra, par convention, que quand je dis la blogosphère, j'entends ma blogosphère.

[2] il va falloir que j'apprenne à mettre à bon escient les majuscules dans ces expressions car j'avoue que je les mets au hasard... pas très sérieux!

mercredi 9 juillet 2008

Le Guide du Routard

Maman est fascinée par Le Guide du Routard Turquie, dont elle me lit des passages à haute voix quand elle pense que ça pourrait m'intéresser. En effet, Coloc, Mike, Calixte et moi partons là-bas dimanche.[1]

Le dernier en date :

"Les touristes occidentales estiment que le Turc est prêt à bondir sur chaque représentante du sexe féminin pour peu que sa peau soit blanche et laiteuse..."

Elle commente : "Qu'est-ce qu'il est marrant, ce guide ! C'est bon à savoir."

Notes

[1] en même temps que Fauvette et Corbillo, mais pas au même endroit!